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Mon
Blues

Je pense à Philippe Val parlant de Jorge Luis Borges. Pour Val, lui seul peut comprendre Borges, aucun autre lecteur ne lui arrive à la cheville et faire l'exégèse même de Borges lui est impossible : ceci le forcerait trop à dévoiler de sa propre intimité.
Je ne vais pas jusque là avec le blues, mais il est évident que je suis le seul à percevoir avec autant de sensibilité cette musique, inutile de se leurrer, restons objectif!

Je sais que le delta du Mississipi n'est pas le nid général et unique du blues aux U.S.A., mais le titre sonnait mieux pour le site! Du coup, dans les bluesmen présentés ici, certains peuvent n'avoir rien à voir avec cette région : Lightning Hopkins vient du Texas, par exemple.

bluesman

La région du delta du fleuve Mississipi, qui n'englobe que New Orleans, serait trop réduite, "delta" s'entend pour toute la région qui va du nord (Memphis, Tennessee, à la limite avec l'état du Mississipi) jusqu'au sud, vers Vicksburg, Mississipi. A l'ouest, la limite est en gros le fleuve Mississipi, et la rivière Yazoo (nom d'un autre grand label) forme une limite est mais dans la zone sud! La région de New Orleans échappe finalement à cet englobage forcené.

Le succès de l'image du delta dans l'exégèse du blues vient bien sûr du nombre important de bluesmen nés dans l'état du Mississipi! Le Texas fut aussi productif (Hopkins, T-Bone Walker, émigré lui vers la Californie), et aussi une région recouvrant Caroline du Nord et du Sud, le long des monts Appalaches (le Piedmont blues : Josh White, Sonny Terry et Brownie Mc Ghee).

Le processus historique qui fait le succès de la notion de delta pour le blues, est qu'un exode rural massif de la population noire pauvre du Mississipi se produisit dés 1918 vers le nord avec éventuellement comme première étape, Memphis, avant principalement Chicago, ou Detroit. Les Noirs étaient attirés par le potentiel de travail créé par l'industrie automobile : parmi eux, les bluesmen se dirigeaient aussi vers les nombreux clubs ou les maisons de disques, comme Chess à Chicago, assurés de pouvoir trouver autre chose pour vivre quand la musique ne rapportait pas assez.

bluesmen Il y a beaucoup de bluesmen décédés sur ce site, c'est malheureux, mais le sang neuf se fait trop rare. Je devais démarrer en tout cas sur une espèce de poker d'as qui couvre assez de styles différents, mais je ne tarderai pas trop à parler de Deborah Coleman, qui est belle et en pleine forme! Je n'oublierai pas non plus de parler de deux génies : T-Bone Walker et Muddy Waters, leur absence n'est pas liée à un jugement de valeur... Je n'oublierai pas Sonny Terry et Brownie Mc Ghee, Junior Wells, Big Bill Broonzy, l'émouvant Otis Spann, Champion Jack Dupree, le génial mystique barjot Charley Patton, le sensuel barjot excentrique Sonny Boy Williamson. Au fur et à mesure que des pages sur des bluesmen seront rajoutées, elles remplaceront des pages plus anciennes qui resteront accessibles dans une page Archives. (14 septembre 2007).
(Dessins : René-Louis Sauger).

Honeydripper, film de John Sayles
John Lee Hooker

Bibliographie